La création de contenus vue par les ados
Entre proximité et angles morts
Les jeunes ont souvent le sentiment de bien connaître leurs créateur·rices préféré·es, à travers des formats intimes (vlogs, FAQ, livestreams, etc.) qui donnent l’impression de partager leur quotidien. Cette proximité, parfois renforcée par des liens parasociaux forts, alimente une forme de connivence avec celles et ceux qu’ils suivent.
Le lien parasocial désigne la relation ressentie par un·e spectateur·rice envers une personnalité médiatique, sans que cette relation soit réciproque. On a l’impression de bien connaître la personne, même si elle ne nous connaît pas.
Mais cette familiarité n’est pas toujours synonyme de compréhension : si certain·es perçoivent l’investissement et le travail derrière les contenus, peu identifient clairement les enjeux stratégiques liés aux plateformes (logiques algorithmiques, pression à la performance, monétisation…).
Ce que les jeunes voient du métier de créateur
L’étude Génération 2024 : Jeunes et consommation en ligne met en évidence que les ados montrent une bonne lecture des mécaniques visibles de l’influence :
Cependant, cette lucidité s’arrête souvent aux aspects les plus apparents. Peu prennent en compte les logiques plus structurelles : rôle des plateformes, biais algorithmiques, rapport à la performance ou à la fidélisation du public.
Le regard des jeunes est souvent critique… mais focalisé sur les comportements individuels, plus que sur les règles du jeu fixées par les plateformes.
Des attentes fortes vis-à-vis des créateur·rices
L’étude révèle aussi un rapport ambivalent à l’influence :
Être critique ne signifie pas se désengager : la consommation reste souvent active, lucide, mais non dénuée de contradictions.
À faire avec les élèves
Cet exercice peut être mené à partir de l’une des vidéos proposées dans l’analyse précédente (ex. : MrBeast, Léna Situations, Mastu, Cocotte), ou d’une autre vidéo choisie en amont avec les élèves. L’idéal est de leur demander à l’avance de partager un ou deux exemples de créateur·rices qu’ils et elles apprécient, afin de sélectionner des contenus qui les concernent directement et présentent un réel potentiel d’analyse (format, narration, mise en scène, etc.).
L’objectif est d’inviter les élèves à exercer leur regard critique en partant de leurs usages et de leurs références. On ne cherche pas ici à juger les contenus, mais à mieux comprendre les logiques de production et les choix stratégiques qui les sous-tendent.
Questions à se poser en groupe ou en petits sous-groupes :
