Quelles traces laissons-nous en ligne ?

Chaque action réalisée sur une plateforme numérique laisse des traces.

Certaines sont visibles — par exemple les messages ou les publications que nous partageons. Mais une grande partie des informations utilisées par les plateformes provient simplement de la manière dont nous utilisons leurs services.

Ces traces permettent notamment :

  • De recommander des contenus
  • De personnaliser certaines fonctionnalités
  • Et d’afficher des publicités ciblées.

On peut distinguer plusieurs types de données.

À la recherche des traces numériques

1. Les données déclarées

Ce sont les informations fournies directement par les utilisateur·ices lorsqu’ils et elles créent un compte ou complètent leur profil.

Par exemple :

  • Nom ou pseudonyme
  • Âge
  • Adresse e-mail
  • Informations de profil

Ces données représentent seulement une petite partie des informations utilisées par les plateformes.

2. Les données comportementales

La majorité des informations collectées provient des actions réalisées sur la plateforme.

Par exemple :

  • Vidéos regardées
  • Watchtime (temps de visionnage)
  • Interactions : likes, partages, commentaires
  • Recherches
  • Clics
  • Abonnements

Certaines plateformes analysent aussi des micro-actions, comme :

  • Le temps passé à regarder une publication.
  • Le fait de s’arrêter sur un contenu.
  • La vitesse de défilement.

Ces informations permettent aux plateformes de comprendre ce qui retient l’attention des utilisateur·ices.

3. Les données techniques et contextuelles

D’autres informations proviennent du contexte d’utilisation.

Par exemple :

  • Le type d’appareil utilisé : téléphone mobile, ordinateur, etc.
  • Le système d’exploitation (Windows, Android, IOS, etc.).
  • La langue.
  • La localisation approximative.
  • Le type de connexion internet (WiFi, 5G, etc.).

Ces données peuvent aider les plateformes à adapter leurs services ou à mieux cibler certaines publicités.

4. Les données inférées

À partir de toutes ces traces, les plateformes peuvent produire des estimations statistiques sur les utilisateur·rices.

Par exemple :

  • Les centres d’intérêt supposés.
  • Les catégories d’utilisateur·rices.
  • La probabilité de cliquer sur certaines publicités.

Ces catégories ne sont pas des faits certains. Ce sont des hypothèses statistiques produites à partir de modèles d’analyse des données.

Les cookies : les « suspects habituels » du traçage en ligne

Lorsqu’on parle de collecte de données sur Internet, les cookies sont souvent les premiers éléments évoqués. Depuis plusieurs années, les bandeaux de consentement affichés sur de nombreux sites ont contribué à rendre ces petits fichiers particulièrement visibles.

Un cookie est un petit fichier enregistré dans le navigateur de l’utilisateur·rice lorsqu’il ou elle visite un site web. Il peut servir par exemple à :

  • Mémoriser une session (rester connecté à un compte)
  • Enregistrer certaines préférences
  • Garder des informations sur un panier d’achat
  • Mesurer la fréquentation d’un site

Certains cookies — appelés cookies tiers — peuvent aussi être utilisés par des acteurs publicitaires pour suivre la navigation d’un·e utilisateur·rice sur plusieurs sites différents.

C’est notamment pour cette raison que les cookies sont souvent présentés comme des outils de suivi publicitaire.

À vous de jouer

La CNIL, Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés en France, propose un outil disponible en plusieurs langues pour permettre aux utilisateur·rices de visualiser leur suivi de navigation.

Pour vous faire une idée concrète de la présence des cookies, téléchargez cet outil.

Certain·es jeunes disent aimer la présence de publicité ciblée car cela leur propose des produits qui les intéressent :

« Au moins on est sûr que ça va nous intéresser. Et je trouve ça mieux parce que parfois, ça va me rappeler que je dois acheter le truc. »

Et vous, que préférez vous ?

Quels avantages voyez-vous à la publicité ciblée ?

Que remarquez-vous après avoir testé l’outil de la CNIL ?

Un système de collecte de données beaucoup plus large

Cependant, se concentrer uniquement sur les cookies peut donner une vision trop simplifiée du fonctionnement actuel des plateformes numériques.

Aujourd’hui, une grande partie des informations utilisées par les plateformes provient directement des activités réalisées à l’intérieur même des applications.

Par exemple :

  • Les vidéos regardées
  • Les contenus sur lesquels on s’arrête
  • Les comptes suivis
  • Les recherches effectuées
  • Le temps passé sur certaines publications.

Ces traces d’usage permettent aux plateformes de mieux comprendre ce qui attire l’attention des utilisateur·rices. Elles sont ensuite utilisées pour :

  • Personnaliser les contenus affichés
  • Recommander certaines vidéos ou publications
  • Ou diffuser des publicités ciblées.

Autrement dit, même sans cookies, les plateformes disposent déjà d’un grand nombre d’informations issues des comportements observés directement sur leurs services.

À retenir

  • Il n’y a pas besoin de créer du contenu sur une plateforme pour y laisser des traces.
  • Ils existent différents types de données laissées par les utilisateur·rices sur les platformes comme les données déclarées, comportementales, techniques et contextuelles, et inférées.
  • Les cookies, bien que très visibles, ne sont qu’un type de traces parmi d’autres.
  • La plupart des traces sont collectées directement sur les plateformes.