Comment les élèves perçoivent l’économie des plateformes ?
Pour les adolescent·es, les plateformes sont d’abord des espaces de sociabilité et de divertissement — bien avant d’être des systèmes économiques.
Lorsqu’ils et elles utilisent YouTube, TikTok ou Instagram, les jeunes pensent rarement aux modèles économiques qui structurent ces environnements. Pourtant, ces plateformes reposent sur différentes formes de financement qui influencent les contenus qu’ils voient et les interactions qu’ils y ont. Comprendre comment les élèves perçoivent ces dimensions économiques permet d’éclairer leur rapport aux plateformes et aux stratégies commerciales qui y circulent.
Pour éclairer cette question, nous nous appuyerons notamment sur l’étude Les jeunes et la consommation en ligne publiée fin 2025, menée auprès de jeunes de 15 à 18 ans dans 20 classes en Fédération Wallonie-Bruxelles.
Même si les élèves auxquels vous enseignez peuvent être plus jeunes, cette recherche donne des indications précieuses sur la manière dont les adolescent·es interprètent et donnent du sens aux logiques économiques qui structurent les plateformes numériques.
Des environnements commerciaux devenus ordinaires
Les élèves grandissent dans des environnements numériques où messages commerciaux, contenus de divertissement et interactions sociales sont étroitement mêlées.
Sur les plateformes qu’ils et elles utilisent, les marques peuvent apparaître sous des formes très diverses. Par exemple :
Une publicité plutôt tolérée par les jeunes
Les discussions menées dans l’étude montrent que les élèves adoptent souvent une attitude assez pragmatique face à la publicité.
Certains expliquent par exemple :
« La pub, tant que ça ne bloque pas la vidéo je m’en fous. »
Pour beaucoup de jeunes, la publicité est simplement perçue comme la contrepartie normale de l’accès gratuit aux contenus.
Ils développent aussi différentes stratégies pour l’éviter ou la contourner : passer une publicité, faire défiler un contenu sponsorisé ou attendre quelques secondes avant le lancement d’une vidéo.
Des stratégies commerciales que les élèves savent repérer
Les discussions menées dans l’étude montrent que les jeunes interrogé·es ont développé une certaine familiarité avec une partie des stratégies commerciales présentes sur les plateformes.
Les placements de produits dans les vidéos de créateur·rices font par exemple partie des formats que beaucoup disent reconnaître assez facilement. Les élèves expliquent souvent qu’ils savent repérer lorsqu’un·e créateur·rice présente un produit dans le cadre d’une collaboration commerciale.
De la même manière, certains partenariats entre marques et univers de divertissement sont bien connus des jeunes. Les collaborations entre marques et jeux vidéo — par exemple dans Fortnite, avec des skins ou des événements liés à des films, des artistes ou des marques — sont souvent commentées ou critiquées par les élèves.
Ces formats commerciaux sont donc relativement visibles et identifiables pour eux et elles.
Composer avec les plateformes
Les témoignages recueillis dans l’étude révèlent un rapport assez nuancé à ces environnements. Les élèves peuvent identifier certaines logiques commerciales et comprendre que les plateformes et les créateur·rices gagnent de l’argent grâce à ces mécanismes.
Mais dans le même temps, les réseaux sociaux et les plateformes occupent une place importante dans leur vie quotidienne. Les plateformes sont d’abord perçues comme des espaces pour :
La dimension commerciale de ces environnements reste donc souvent secondaire dans l’expérience vécue.
Les élèves disposent donc généralement de peu d’alternatives s’ils souhaitent participer à ces espaces de sociabilité et de culture. Ils composent avec ces environnements, même lorsqu’ils perçoivent certaines stratégies commerciales avec lesquelles ils seraient en désaccord.
À retenir

