Si c’est gratuit, qui paie vraiment ?
Pour les élèves, les plateformes numériques font partie du quotidien. Regarder des vidéos sur YouTube, faire défiler des contenus sur TikTok ou Instagram, discuter sur Snapchat, jouer à des jeux en ligne ou regarder des séries : toutes ces activités semblent souvent accessibles gratuitement.
Dans l’expérience des jeunes, plusieurs formes de financement apparaissent pourtant déjà :
Pour des élèves de 11 à 15 ans, l’ensemble de ces éléments peut ressembler à un puzzle difficile à démêler. Il n’est pas toujours évident de comprendre qui paie quoi, et à qui va réellement l’argent.
La gratuité apparente des plateformes
Une question revient souvent lorsque l’on aborde les usages numériques avec des jeunes : comment expliquer que certaines plateformes soient parmi les entreprises les plus riches du monde, alors que leur utilisation semble gratuite ?
Des entrepreneurs comme Mark Zuckerberg (Meta), les fondateurs de Google ou les dirigeant·es d’autres grandes plateformes sont aujourd’hui à la tête d’entreprises valorisées à plusieurs milliards d’euros.
Pourtant, du point de vue des utilisateur·rices, l’expérience est souvent très différente :
Ce décalage apparent constitue un point d’entrée intéressant pour interroger le fonctionnement économique des plateformes numériques et les logiques qui sous-tendent leur modèle avec des élèves.
Des représentations partielles du modèle économique des plateformes
Lorsque la question du modèle économique des plateforme est abordée avec des élèves, les réactions sont généralement très variées. Leurs réponses évoluent avec l’âge et l’expérience des jeunes dans les environnements numériques.
On retrouve par exemple des réponses telles que :
Ces réponses montrent que les jeunes perçoivent déjà certains éléments du fonctionnement économique des plateformes. Ils et elles repèrent par exemple la présence de publicités, les collaborations commerciales avec des créateur·rices de contenu ou encore les achats intégrés dans les jeux. Cependant, la circulation réelle de l’argent entre les différents acteur·ices reste souvent difficile à saisir.
Une des raisons qui explique ce type de réponse tient au fait que les plateformes fonctionnent comme des écosystème mettant en relation une diversité d’acteur·rices aux rôles et aux intérêts différents. On y retrouve notamment :
Comprendre ces interactions constitue une première étape pour analyser le fonctionnement économique des grandes plateformes numériques.
Les régies publicitaires jouent un rôle d’intermédiaire entre les annonceurs, qui veulent diffuser leur publicité, et les plateformes ou les médias, qui proposent des espaces de diffusion. Ces entreprises indépendantes servent en quelque sorte de médiatrice pour faciliter les échanges.
À retenir

