Capitaliser sur les émotions fortes
Si les contenus viraux fonctionnent si bien, ce n’est pas par hasard. Ils savent parler à nos émotions. Et les émotions, c’est le carburant du régime attentionnel de l’alerte : elles déclenchent des réactions immédiates, sans effort cognitif. Quand on rit, qu’on s’indigne ou qu’on est surpris, on réagit spontanément : on clique, on commente, on partage.
Surprise, rire, joie, tristesse, peur, colère, dégoût, empathie, fascination… ce sont les émotions les plus adaptées à l’architecture algorithmique des plateformes. Elles stimulent une réaction rapide. C’est bien souvent ce que les utilisateur·trices en quête d’évasion et de divertissement cherchent et trouvent dans les flux des reels, notamment.

À vous de jouer !
Selon vous, quelles émotions sont les plus faciles à activer ? Pourquoi ?
Activer des instincts… pas toujours glorieux
Au-delà des émotions “brutes”, ces formats exploitent aussi des ressorts profondément sociaux :
Ce sont des leviers façonnés par nos cultures, nos valeurs et nos attentes. Une vidéo “scandaleuse” ne choque que si elle transgresse des règles qu’une communauté partage.
Si l’on y applique la boussole de Dominique Boullier, on peut voir que ces stratégies appartiennent principalement aux régimes d’alerte (stimuli rapides, émotions fortes) et d’immersion (quand la tension dramatique et l’émotion prolongée maintiennent l’engagement), mais que la fidélisation entre aussi en jeu : rire et empathie renforcent l’attachement affectif, car on revient vers ce créateur “qui nous fait du bien” ou “qui nous fait vibrer”.
En résumé, les émotions sont devenues une matière première pour l’économie de l’attention. Elles organisent le design des formats, la hiérarchisation des contenus par les algorithmes, les sujets de prédilection et la manière dont on raconte une histoire.






