L’immersion, en haut à droite de la boussole, désigne l’abandon volontaire à une expérience sensorielle ou narrative. Nous « accept[ons] d’être sous emprise, d’être pris à l’intérieur du monde de l’autre, le créateur » (Boullier, p. 63). Jeux vidéo, séries en streaming, ASMR : autant d’univers qui cultivent la continuité et le plaisir d’un temps suspendu.
Boullier évoque « l’art de la narration et de l’identification » capable de « provoquer des émotions fortes » et de générer des communautés de fans (Boullier, p. 77). Contrairement à l’alerte, ce régime privilégie la durée et l’engagement affectif, mais il peut être intensifié par le design des plateformes (auto-play, binge-watching).
Questions à se poser :
L’usager entre dans un univers, y reste longtemps, s’y laisse affecter émotionnellement ?
L’attention est-elle plongée dans une histoire, une ambiance, une communauté ?
Y a-t-il un lien affectif fort avec le contenu ou avec d’autres usagers ?
Le média propose-t-il une expérience multisensorielle ou narrative forte ?
Y a-t-il une perte de la notion du temps, une implication intense dans un monde ?
Indices médiatiques :
Séries à épisodes avec cliffhangers, binge-watching
Jeux vidéo avec univers cohérent (narration, graphismes, musique…)
Participation à des communautés en ligne (Discord, Twitch, fandoms)
L’ASMR plonge l’audience dans une expérience sensorielle, reposant sur le son et la sensation corporelle → immersion perceptive. On parle d’abaissement volontaire des défenses, recherche de bien-être, perte de contrôle cognitif pour « se laisser porter ».
Désir d’être happé, typique de l’immersion, renforcé par des techniques enveloppantes.