Les effets d’un modèle centré sur l’attention
Addictions, pertes d’attention, regarder son téléphone sans s’en rendre compte, phubbing (regarder son téléphone en situation sociale), procrastination du coucher, troubles du sommeil, santé mentale en beigne, hausse de la désinformation, polarisation, perte du sens démocratique…
Selon le sens commun, l’économie de l’attention porterait en elle tous les maux de notre société.
Pourtant, après réflexion au fil des modules de cette formation, nous pouvons comprendre que la plupart d’entre eux relèvent moins des conséquences d’une manipulation attentionnelle, que de la structuration capitaliste de notre univers médiatique et, plus largement, de notre société. Sans vouloir minimiser ces enjeux, gardons en tête les logiques de la captation de notre attention ne constituent pas la seule et unique source des maux précités.
Nous vivons à l’ère d’une surabondance d’offres médiatiques et culturelles où tout est conçu pour capter, retenir et monétiser notre attention. Cette réalité, que Dominique Boullier qualifie de « régime de haute fréquence », reconfigure en profondeur notre rapport à l’information, au divertissement et à la participation citoyenne.
Entre promesses d’ouverture et dérives, elle reconfigure notre écosystème médiatique selon plusieurs lignes de tension.
Dans cette section, nous allons nous intéresser à ce que l’on peut dire des effets des logiques de captation développées dans ce Module 3. En dépliant des réflexions que nous vous invitons à investir avec vos élèves.
Commençons par battre en brèche certaines idées reçues qui, en plus d’être erronées, ont tendance à stigmatiser l’individu, au détriment de l’instauration d’un dialogue serein nécessaire au déploiement d’une séquence pédagogique.
