En résumé
- Marchandisation de l’attention : l’attention est exploitée à des fins publicitaires, avec des pratiques marketing de plus en plus invisibles (ex : placements de produits).
- Difficultés à réguler son temps d’écran, surtout durant l’adolescence, son usage seul·e
- Vision biaisée du monde : nous ne sommes pas toustes en ligne et on ne voit pas toustes la même chose en ligne.
- Culpabilisation des individus : le récit dominant sur l’addiction détourne l’attention des causes structurelles (modèles économiques, algorithmes) vers la responsabilité individuelle.
- Surcharge cognitive et attentionnelle : hyperstimulation, multitâche permanent, difficulté à se concentrer ou à prendre du recul.
- Uniformisation des formats : généralisation des mêmes codes (hooks, cuts, rythme court) → appauvrissement de la diversité narrative et esthétique.
- Perte de souveraineté éditoriale : journalistes et créateurs adaptent leur contenu aux plateformes plutôt qu’à leur ligne éditoriale.
- Astroturfing : manipulation de la visibilité des sujets par des acteurs peu ou non démocratiques.
- Accès à la pluralité : malgré les biais algorithmiques, les plateformes permettent d’exposer les publics à des opinions et contenus très variés.
- Communautés d’entraide : pour les personnes minorisées ou isolées, les réseaux peuvent constituer un espace de reconnaissance, d’expression et de solidarité.
- Démocratisation de la création : barrière à l’entrée abaissée pour publier, créer, partager ; visibilité accrue de voix jusque-là marginalisées.
- Hybridation et créativité : formats mêlant humour, pédagogie, esthétique ; montée de vidéastes qui rendent complexes des sujets a priori peu “bankables”.
- Alternatives existantes : plateformes libres, formats longs, projets pédagogiques sur la littératie attentionnelle.
- “Notre attention diminue” : ce n’est pas une question de capacité biologique, mais de redistribution de notre attention dans un environnement hyperstimulant.
- “Nous sommes tous accros” : les usages sont variés, contextualisés ; parler uniquement d’addiction masque les responsabilités collectives et techniques.
- “Regarder des Reels c’est perdre son temps” : loisirs numériques “inutiles” peuvent être nécessaires, légitimes et source de plaisir.
- “Il n’y a pas d’alternative” (TINA) : cette croyance enferme dans un modèle unique d’économie attentionnelle, alors que des alternatives existent et fonctionnent.
- “C’est l’utilisateur qui choisit ce qu’il voit” : en réalité, les plateformes organisent notre horizon de visibilité selon leurs intérêts économiques.
À faire avec les élèves
- Animer un débat mouvant :
Il s’agit d’une activité où les participant·es se positionnent physiquement dans l’espace selon leur degré d’accord ou de désaccord avec une affirmation. Chacun·e peut ensuite justifier sa position, écouter les autres, et changer de place s’il ou elle évolue dans son opinion. Ce dispositif favorise l’expression nuancée, l’écoute, et la pensée critique.
Plus d’info sur la méthodologie
- « TikTok détruit notre capacité à nous concentrer. » / « Regarder trop de vidéos courtes, ça rend bête. »
- « Capter l’attention, c’est manipuler. »
- « Les adultes exagèrent quand ils disent que les jeunes sont accros aux écrans. »
- « Si on devient accro, c’est un peu notre faute aussi. »
- « Les jeunes savent mieux gérer leur attention que les adultes. »
- « Un Youtubeur qui a plus de 2 millions d’abonné·es a forcément quelque chose d’intéressant à dire. » / « Si une vidéo a beaucoup de vues, c’est qu’elle est forcément bien. »
- « Plus on passe de temps sur les réseaux, plus on perd notre temps. »
- « C’est aux applis de faire attention à notre santé mentale. »
- « Il vaut mieux une vidéo marrante qu’une vidéo utile. » / « Si c’est ennuyeux, personne ne voudra l’écouter. »
