Un modèle qui s’homogénéise
Paradoxalement, l’homogénéisation des contenus et des formats des réseaux sociaux pousse les entreprises à se démarquer pour rester visibles. Lorsqu’une plateforme devient saturée de formats semblables, les créateur∙ices et les marques sont incité∙es à innover pour attirer l’attention. Cette quête de distinction va parfois jusqu’à provoquer une rupture volontaire avec les codes dominants du moment. On le remarque lorsque les plateformes modifient leurs algorithmes pour stimuler de nouveaux types de productions.
Sur YouTube, par exemple, il fut un temps où les vidéos de 10 à 15 minutes étaient favorisées pour être mises en avant. Aujourd’hui, cette norme a changé, impliquant de nouvelles habitudes pour les créateurs et créatrices de contenus.
Pour autant, certaines grandes tendances restent relativement stables : la domination du format vidéo, le développement de relations parasociales (ces liens unilatéraux que les internautes entretiennent avec les créateurs), ou encore l’importance de la narration personnelle.
Enfin, il ne faut pas négliger une autre forme d’homogénéisation, plus insidieuse : celle des sujets abordés et des points de vue mis en avant. Les contenus les plus visibles sur certaines plateformes tendent à valoriser des opinions dominantes, souvent plus conservatrices. Cette orientation idéologique dominante ne relève pas seulement des algorithmes mais aussi des dynamiques d’attention, des modèles économiques, et des rapports de force sociaux plus larges.
