Créer sous pression : la bataille pour l’attention
Créer du contenu sur les plateformes numériques n’a jamais été aussi accessible — et aussi difficile. Aujourd’hui, des milliers de vidéos, stories, shorts, lives et posts sont publiés chaque seconde. Mais le temps d’attention, lui, ne s’est pas étendu. La concurrence est rude, l’algorithme impitoyable. Pour émerger, capter l’attention ou simplement survivre dans cet océan de contenus, il faut bien plus qu’une bonne idée : il faut maîtriser les codes, les formats, les statistiques, les logiques algorithmiques…
Cette logique ultra-concurrentielle ne concerne pas que les influenceur·euses au sens strict : elle touche tous ceux et celles qui essaient de rendre leurs contenus visibles sur les grandes plateformes (YouTube, TikTok, Instagram, Snapchat, etc.).
À vous de jouer !
Q1: À votre avis, quel est le revenu annuel médian d’un·e créateur·rice de contenus ?
Revenu médian = la moitié des influenceur·euses gagnent plus, l’autre moitié gagne moins. Ce n’est pas une moyenne, mais un point central : ça évite que quelques très gros revenus faussent les chiffres.
A. 0€
B. Moins de 1000€
C. 1000 à 4000€
D. 5000 à 9000€
E. Plus de 10 000€
Q2 : D’où provient selon vous majoritairement la rémunération des créateur·rices de contenus ?
A. Rémunération par les plateformes
B. Cadeaux (goodies, séjours offerts, etc. )
C. Partenariats avec les marques (dont placements de produits)
D. Dons et abonnements
E. Merchandising
À garder en tête : le biais du survivant
Le monde de l’influence parle beaucoup de lui-même. De nombreuses vidéos FAQ, vlogs ou contenus « coulisses » exposent la vie quotidienne, les revenus ou les méthodes de travail des influenceur·euses. Ces contenus sont souvent très suivis, et les élèves les connaissent bien.
Mais ces récits sont biaisés : ce sont ceux qui ont réussi à capter l’attention qui racontent leur histoire. Or dans une économie de l’attention, la visibilité est inégalement répartie : une poignée de créateur·rices truste l’audience et les revenus, pendant que la majorité reste invisible.
Dans cette logique de « winner takes all », les plus visibles gagnent la majorité des revenus et dictent les normes de production. Les autres tentent de les imiter, souvent sans disposer des mêmes moyens ni des mêmes leviers.
Quand les youtubeurs parlent argent
Inoxtag est l’un des youtubeurs les plus populaires chez les adolescent·es en France, connu pour ses défis extrêmes et sa chaîne à très gros budget (ex. : Kaizen, son film sur l’Everest). Dans cette vidéo FAQ avec Le Bouseuh (lui aussi youtubeur et streameur), ils répondent à une question récurrente de leur public : combien gagne un youtubeur ? Leur ton est détendu, mais ils livrent des éléments concrets et chiffrés sur la rémunération des créateur·rices de contenus, tels qu’ils les perçoivent ou les vivent.
De 3 :01 à 5 :11 : Ils détaillent les différentes sources de revenus :
Les chiffres et exemples cités ici reflètent la réalité des créateurs les plus visibles et les mieux rémunérés. Ils ne sont pas représentatifs de l’ensemble des influenceur·euses, dont beaucoup gagnent peu ou pas d’argent avec leurs contenus.
Ils expliquent aussi que publier très souvent peut permettre de générer un revenu suffisant pour en vivre, parfois dès 70 000 abonné·es, à condition de produire beaucoup et régulièrement.
Si les chemins de monétisation sont divers — revenus publicitaires versés par la plateforme, placements de produits, merchandising, appels aux dons — ils ont un point commun : pour gagner de l’argent, il faut d’abord réussir à attirer et/ou fidéliser une audience.
À faire avec les élèves
Pistes de questions pour discuter en classe des enjeux économiques liés à la création de contenus :
→ Introduire la notion de biais du survivant : on voit surtout celles et ceux qui ont réussi à capter l’attention, pas la masse invisible.
Pour aller plus loin
Cette courte vidéo des Échos Start (9 min 23) démonte les idées reçues sur les revenus des créateur·rices de contenus. Elle met en lumière l’écart important entre la visibilité perçue sur les réseaux et la réalité du modèle économique de la majorité des influenceur·euses.
Les Échos Start, « 85 % des influenceurs gagnent moins que le SMIC, pourquoi ?»
Publiée le 13 novembre 2024, Durée : 9 min 23
