Repenser le rôle des éducateurs

« Dans un monde où les algorithmes décident ce que les élèves voient et ressentent – quel est notre rôle d’éducateur·rice ? »

Cette section n’est pas centrée sur les compétences techniques, mais sur la prise de conscience critique des systèmes numériques.

La littératie numérique critique

  • La plupart des pratiques éducatives insistent sur la compétence technique, mais ignorent la conscience numérique.
  • Une approche critique pose des questions : quelle logique gouverne cet outil ? Qui en bénéficie ?
  • Il ne s’agit pas de savoir poster sur TikTok, mais de comprendre pourquoi certains comportements y sont récompensés.

Rendre visible la logique des plateformes

  • Les plateformes ne sont pas neutres : elles reflètent des choix économiques, politiques et algorithmiques.
  • Les éducateurs peuvent aider à dévoiler : pourquoi ce contenu leur est montré ?
  • Comment leurs données comportementales sont-elles extraites ?
  • Quels mécanismes persuasifs structurent l’interface (scroll infini, lecture automatique…) ?


Nommer ces systèmes invisibles renforce l’agentivité et interrompt la consommation passive.

Exemple : les boutons « Se connecter avec Google » normalisent la transmission de données personnelles.

Apprendre à questionner ces « raccourcis » est une étape vers l’autonomie numérique.

Encourager la pensée critique et la conscience éthique

  • Les élèves doivent devenir analystes des plateformes, pas seulement utilisateur·rices.
  • Encourager le questionnement de l’expérience personnalisée.
  • Identifier la manipulation émotionnelle, les incitations à performer, les pièges attentionnels.
  • Intégrer les discussions sur les valeurs, l’identité et le pouvoir dans les disciplines existantes.


Nommer ces systèmes invisibles renforce l’agentivité et interrompt la consommation passive.

Exemple : les boutons « Se connecter avec Google » normalisent la transmission de données personnelles.

Apprendre à questionner ces « raccourcis » est une étape vers l’autonomie numérique.

À vous de jouer ! Réflexion

Quelques questions a se poser

  • Dans vos cours, vous concentrez-vous sur l’usage ou le questionnement des outils numériques ?
  • Qu’est-ce qui limite une approche critique plus poussée ? (temps, ressources, formation ?)
  • Votre matière peut-elle intégrer les thèmes de données, attention, pouvoir ou design de plateforme ?
  • Prévoyez temps pour échanges en petits groupes ou réflexion individuelle, puis synthèse collective.

Exemple : les boutons « Se connecter avec Google » normalisent la transmission de données personnelles.

Apprendre à questionner ces « raccourcis » est une étape vers l’autonomie numérique.

L’économie de l’attention en classe

L’économie de l’attention n’est pas un concept abstrait : elle influence directement la concentration, les dynamiques de classe et même les relations sociales entre élèves.

L’objectif pour les enseignant·es n’est pas de maîtriser la technologie, mais de guider une réflexion critique : pourquoi certains contenus captent-ils l’attention plus que d’autres ? Quels en sont les effets ?


Intégrer l’économie de l’attention dans les matières scolaires permet de relier théorie et vécu quotidien.

Exemples :

  • Langues : analyser les techniques persuasives, la rhétorique et les récits publicitaires.
  • Éducation civique : discuter d’éthique, d’identité numérique et de citoyenneté responsable.
  • Mathématiques : décoder les métriques de performance (likes, vues, taux de clics) et comprendre leur logique.
  • Sciences : explorer l’impact neurologique de la stimulation constante (dopamine, attention fragmentée), comprendre la psychologie cognitive.
  • Arts visuels : analyser la mise en scène des influenceurs, la composition des miniatures YouTube, les codes visuels qui captent l’attention.
  • Histoire / Sciences sociales : comparer la propagande traditionnelle et les techniques actuelles de captation de l’attention.
  • Économie : étudier le modèle économique des plateformes, la monétisation des données, les logiques de marché derrière la publicité ciblée.

Ces activités visent à renforcer l’autonomie, la résilience et la capacité de discernement face aux environnements numériques.

« Modélisez la curiosité, pas la perfection. »

— Les enseignant·es peuvent montrer qu’il est normal de questionner, de douter et d’apprendre collectivement.

« Quand les élèves apprennent à interroger les systèmes, ils deviennent des penseur·euses numériques. »

Conclusion

La formation ne cherche pas à diaboliser les plateformes, mais à dévoiler les logiques invisibles qui façonnent l’attention, les comportements et les valeurs des jeunes.

Le rôle des éducateurs n’est pas seulement de transmettre des connaissances, mais aussi d’équiper les élèves pour naviguer dans un monde où les algorithmes influencent leur vision de la réalité.

Le défi est double : protéger le bien-être émotionnel tout en stimulant l’esprit critique.

Chaque question posée en classe sur l’attention, les données ou les algorithmes contribue à construire une citoyenneté numérique active et consciente.