Le rôle des données

L’économie invisible des données

« Quand vos élèves regardent une vidéo YouTube, likent un post Instagram ou mettent en pause un épisode Netflix — que se passe-t-il avec ces données ? »

Cette partie aborde l’économie invisible des données derrière les plateformes numériques. Chaque action en ligne — même minime — génère des traces exploitables, collectées et monétisées par des systèmes complexes.


Idée clé : nous n’utilisons pas seulement les plateformes — nous produisons des données pour elles.

1. Chaque action génère des données

Chaque interaction en ligne est capturée comme donnée comportementale. Cela inclut : actions explicites (likes, commentaires), implicites (temps d’arrêt, vitesse de scroll), et données environnementales (appareil, localisation, heure).

  • Actions explicites : likes, commentaires, abonnements
  • Actions implicites : pauses, vitesse de défilement, survols
  • Données environnementales : appareil, localisation, moment de la journée

Ces données ne sont pas seulement stockées, elles sont agrégées et analysées en temps réel. Les algorithmes évoluent sans cesse : ce qui fonctionnait hier ne fonctionne pas forcément demain.

Exemple : YouTube privilégiait les vidéos de ~10 min. Aujourd’hui, d’autres métriques comme la rétention et la satisfaction sont centrales. La littératie numérique devient donc une cible mouvante.


2. Des données au profit : l’économie de l’attention

Les données des utilisateur·ices deviennent une ressource pour personnaliser les flux, cibler les publicités, et profiler des segments. Les interactions des élèves deviennent une monnaie d’échange.

  • Personnaliser l’expérience (recommandations, fils d’actualité)
  • Cibler des publicités plus précises
  • Créer des segments de profils pour les annonceurs

Exemple : une hésitation de 3 secondes sur une image = signal d’intérêt interprété par le système, même sans clic. Les micro-comportements deviennent monétisables.

Les grandes plateformes (Google, Meta, TikTok) offrent aux annonceurs un ciblage basé sur ces micro-signaux. L’attention devient une monnaie spéculative.


3. Vie privée et consentement

La plupart des utilisateur·ices — surtout les jeunes — ignorent la profondeur de l’utilisation de leurs données. Le consentement est dilué dans des CGU opaques, et il existe rarement un vrai opt-out.

  • Consentement abstrait, souvent réduit à un clic sur « Accepter »
  • Surveillance intégrée par design
  • Absence de choix réels ou clairs

Question critique : « Les jeunes font-ils des choix éclairés lorsqu’ils acceptent les cookies ou partagent leur localisation ? »

Cookies et technologies de suivi

Les cookies sont de petits fichiers stockés par le navigateur. Certains sont fonctionnels (connexion, préférences), d’autres — surtout tiers — suivent les comportements sur plusieurs sites.

  • Savoir quelles pages vous avez visitées
  • Combien de temps vous êtes resté·e
  • Enregistrer vos clics, scrolls, interactions
  • Construire des profils pour la publicité ciblée

D’autres technologies incluent : pixels (emails, réseaux sociaux), fingerprinting (empreinte unique du navigateur), beacons (éléments invisibles).

Ces technologies sont invisibles pour l’utilisateur·ice et posent des questions de transparence, de consentement et d’autonomie numérique.

À vous de jouer ! Activité pratique

Que pensez-vous être suivi lorsque vous naviguez ?

nom, âge, localisation, intérêts, clics (accordeon?)

Synthèse et conclusion

  • Les plateformes ne se contentent pas d’observer nos comportements : elles les influencent et les redirigent en fonction de ce qu’elles savent déjà de nous.
  • L’enjeu n’est pas la paranoïa, mais la prise de conscience du pouvoir invisible des données.

Question finale : « Quelle question aimeriez-vous que vos élèves se posent avant de cliquer sur ‘Tout accepter’ ? »


Rendre visibles les données est la première étape vers l’autonomie numérique.