Enquête Génération2024 sur les usages numériques des jeunes
La grande majorité des jeunes vivent avec des règles autour des écrans à la maison : seuls 12 % déclarent n’en avoir aucune. Ces règles portent surtout sur la durée et les moments d’utilisation, et plus rarement sur les contenus eux-mêmes.
Elles sont généralement imposées par les parents, souvent sans discussion préalable. Pourtant, les jeunes ne les perçoivent pas comme trop sévères : au contraire, la plupart reconnaissent qu’elles sont utiles et bénéfiques.

Fais ce que je dis, pas ce que je fais
Les jeunes pointent cependant un manque d’exemplarité parentale : seul·es 21 % estiment que leurs parents respectent les mêmes règles qu’eux. Beaucoup dénoncent ces incohérences, comme cet élève qui témoigne :
Mes parents, ils mettent une règle comme quoi on ne peut pas prendre d’écrans à table pendant qu’on mange, mais ma maman elle est tout le temps sur son téléphone pour le boulot.
Les écrans, une perte de temps ?
Au-delà des règles, l’étude révèle une évolution frappante : plus les jeunes grandissent, plus ils ont le sentiment de perdre du temps devant les écrans. Ce ressenti va de pair avec une difficulté croissante à se réguler seul·es. Nombre d’ados expriment à la fois une lassitude et une lucidité sur les mécanismes de captation :
Je m’ennuie et je vais sur TikTok : je reste 10 minutes, 30 minutes, puis ça fait facilement deux heures… J’ai l’impression de faire n’importe quoi de mon temps et ça m’emmerde.
Ces éléments invitent à dépasser une vision uniquement centrée sur les dangers ou les interdits. Les jeunes accueillent généralement les règles de manière positive, surtout lorsqu’elles sont claires, adaptées à leur âge et accompagnées d’un dialogue. En revanche, ils et elles dénoncent le manque de concertation et l’écart entre les prescriptions et les pratiques des adultes.
À retenir

Les jeunes ne rejettent pas les règles : ils et elles en voient même l’intérêt, car celles-ci les aident à réguler des usages perçus parfois comme envahissants. Mais ces règles doivent être cohérentes, discutées et incarnées par les adultes eux-mêmes. Plus qu’une surveillance, c’est un cadre clair, bienveillant et exemplaire qui leur permet de trouver un équilibre entre leurs besoins d’autonomie et la place prise par les écrans dans leur quotidien.
