Étude de cas : Instagram

Instagram est plus qu’une app photo : c’est une machine à capter l’attention, puissante auprès des jeunes.

Curation algorithmique et page d’exploration

  • Les sections Explorer et Reels d’Instagram sont pilotées par des algorithmes qui apprennent de chaque like, suivi, pause ou appui.
  • Cela conduit à des flux de contenu hautement personnalisés, mais restreints.
  • Ces flux privilégient l’engagement au bien-être : le contenu qui provoque des émotions fortes a tendance à augmenter (beauté, indignation, envie, humour).

Image corporelle et estime de soi

Les adolescents sont très sensibles au contenu visuel. Une exposition répétée à des images idéalisées peut :

  • Fausser leur perception de la « normalité »
  • Alimenter une culture de comparaison
  • Affecter la santé mentale et la satisfaction corporelle, en particulier chez les filles.
  • Les filtres, les outils d’édition et les préférences algorithmiques pour certains types de corps amplifient cet effet.

Influenceur·euses et normes de consommation

  • Les influenceurs (certains dès l’âge de 12 ans) agissent souvent comme des éducateurs informels, façonnant les comportements, le langage, la mode, les valeurs.
  • De nombreux créateurs de contenu fonctionnent comme des marques : les publications sont soigneusement organisées et monétisées.
  • Cela transforme l’attention des adolescents en valeur marchande.

Points a retenir

Ne pas juger les élèves pour leur usage : Concentrez-vous sur la curiosité plutôt que sur le jugement : ne condamnez pas les étudiants parce qu’ils aiment les influenceurs – explorez pourquoi ces personnalités sont importantes pour eux.

Faites le lien avec les expériences réelles : demandez aux élèves ce qu’ils voient, ne vous contentez pas de le leur dire.

Relier à la citoyenneté numérique et aux programmes d’éducation aux médias.

Conclusion

Instagram illustre parfaitement l’économie de l’attention : chaque clic, image et interaction sert à capter et retenir le regard.

Les effets ne sont pas seulement individuels (estime de soi, habitudes de consommation), mais aussi sociaux (normalisation d’identités, pouvoir culturel des influenceurs).

Pour les éducateurs, l’objectif est d’ouvrir le débat : transformer une expérience familière en objet d’analyse critique.